Chaque année, le 2 février sonne comme la fête des amoureux des crêpes : c’est la Chandeleur ! À la Chandeleur, pièce d’or à la main, les crêpes sautent dans la poêle... Si je vous dis Chandeleur, vous me répondrez à coup sûr : crêpes ! En effet, la coutume veut que le 2 février, cette fête religieuse soit célébrée avec de fines galettes cuites à la poêle, que l’on fait sauter pour le plus grand plaisir des enfants. La tradition veut également que la première crêpe soit faite avec une pièce d’or dans la main et que toutes les bougies de la maison soient allumées.
Pour donner du sens à ces rituels, je vous propose de découvrir les origines de la Chandeleur depuis les fêtes polythéistes des Romains, jusqu’à sa signification religieuse.
Pour comprendre tous les us inhérents à cette fête, il est nécessaire de se plonger un peu dans l’histoire païenne et chrétienne.
Le nom de Chandeleur vient du latin Festa candelarum, qui signifie « fête des chandelles ». La Chandeleur est la dernière fête du cycle de Noël dans le calendrier chrétien. Arrivant 40 jours après la naissance de l’Enfant Jésus, le 2 février est le jour de sa Présentation au Temple par Marie et Joseph. Dans l’Israël antique, suivant la loi de Moïse, tout garçon premier-né devait être conduit par ses parents au temple de Jérusalem, quarante jours après sa naissance, afin de le consacrer à Dieu.
Selon l’Evangile de Luc, ce jour-là, un vieillard nommé Syméon rencontre le jeune Jésus et annonce voir en lui la « lumière pour éclairer les nations ». Marie et Joseph, en effectuant ce geste 40 jours après la naissance de leur premier-né, perpétuent ainsi une coutume hébraïque. Autrefois, on célébrait aussi la Purification de la Vierge Marie, les « relevailles » de la mère, suite à son accouchement.
La fête de la Chandeleur est donc associée à la lumière, elle tient d’ailleurs son nom des chandelles que portaient les fidèles lors des processions qui se déroulaient à Rome. C’est le pape Gélase Ier qui a décidé de l’instituer pour lutter contre le paganisme. La première eut lieu en 472. Au moment de la diffusion du christianisme dans l’Empire romain, les fêtes païennes sont encore très suivies. Il faut les reprendre au compte de l’Église.
Cette fête entre dans le calendrier chrétien au VIe siècle, lorsque le pape Gélase Iᵉʳ décide de christianiser les anciennes fêtes païennes. Lors cette célébration, le prêtre bénit les chandelles et les candélabres de l’année à venir. Les fidèles participent à cet office religieux en tenant à la main un cierge.
La Chandeleur est devenue l’une des 12 grandes fêtes de l’Église catholique au IVe siècle. Jésus de Nazareth, né quarante jours plus tôt, y est présenté comme la “lumière du monde”. À cette époque, pour se préserver des malédictions, les processionnaires devaient réussir à rentrer chez eux sans que la flamme de leur bougie ne s’éteigne. La Chandeleur correspond également à la date de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie, c’est-à-dire à ses relevailles.
La Chandeleur remplace ainsi les Lupercales, fêtes en l’honneur de Lupercus, dieu de la fécondité, qui se déroulaient autour du 15 février.
En février avaient lieu les Lupercales, fêtes ponctuées par des rites de purification et des défilés à la lueur des flambeaux. Ces hommages étaient rendus à Lupercus, dieu de la fécondité qui régnait également sur les forêts, les plaines et les champs.
Dans le monde romain, février est également le dernier mois de l’année. Il est consacré à la purification de la ville organisée lors des Lupercales et les Parentalia.
Les Celtes (et donc les Gaulois), célèbrent, le 1ᵉʳ février, la fête d’Imbolc, dédiée à Brigit. Ces rituels, comme chez les Romains, sont une volonté de purification dans le but d’obtenir de nombreuses récoltes.
Sa mère Cérès, déesse de l’agriculture, des moissons et de la fertilité, parcourt la terre entière, torche à la main, à la recherche de sa fille disparue, cessant de veiller sur les cultures qui dépérissent. Un accord est finalement trouvé : Proserpine passe six mois sous terre avec son mari (Automne et Hiver) et six mois sur terre avec sa mère (Printemps et Été) !
À ce stade de nos explications, une question reste toutefois en suspens : pourquoi faut-il manger des crêpes pour célébrer la Chandeleur ?
Dès l’Antiquité, lors de la fête des Lupercales, les Vestales offraient aux dieux des gâteaux de blé qui rappellent nos crêpes modernes. Dans les temps immémoriaux, les divinités étaient l’objet de culte et recevaient des offrandes en échange de leur bienveillance et leur protection. Ainsi, pour se garantir de belles récoltes, les païens offraient en cadeau de fines galettes réalisées avec les restes de blé. Et du temps de Gélase 1er, toujours lui, chaque pèlerin qui arrivait à Rome recevait une galette. C’est le souvenir de ces rituels qui perdure avec la confection des crêpes.
Selon la tradition chrétienne, la coutume de manger des crêpes lors de la Chandeleur remonterait au pontificat de Gélase Iᵉʳ. Quand il instaura la Chandeleur, le pape Gélase Ier fit distribuer des galettes - faciles à réaliser - aux nombreux pèlerins qui arrivèrent à Rome. De plus, la crêpe étant confectionnée avec la farine excédentaire de la récolte de l’année précédente, elle est un symbole de prospérité.
La Chandeleur est l’objet de nombreux dictons populaires et dans ces maximes proverbiales, le mois de février marque un tournant dans le rythme des saisons. Pour démarrer les cultures sous les meilleurs auspices, les paysans utilisaient les excédents de farine du grenier et confectionnaient des crêpes pour fêter le proche retour du soleil.
La crêpe, ou plutôt la galette, est un plat qui existe depuis la préhistoire, bien avant l’apparition du pain. Cet aliment de base est alors un simple mélange de céréales en poudre et d’eau. Les Romains améliorent la recette en mélangeant de la farine de froment, des œufs, de l’eau et parfois de vin. Du XIIIe au XVe siècle, la culture du sarrasin (blé noir), croît en Europe. Avec cette culture apparaît la crêpe que nous connaissons. Au XVIIIe siècle, présentée à des invités de prestige, la galette s’accommode d’un œuf. Ainsi naît le premier plat de galette de Bretagne : le « pâté de Bécherel ».
La célèbre galette saucisse, aujourd’hui emblématique de la cuisine bretonne, n’est créée qu’à la fin du XIXe siècle, tout comme la galette au sucre.
Dans le Finistère, le Morbihan et une partie des Côtes-d’Armor (Basse-Bretagne), on utilise les expressions « crêpe salée » ou « crêpe de blé noir » pour décrire l’ajout de farine de sarrasin à la pâte à crêpes. Au Moyen Âge, la Basse-Bretagne est moins fertile que la Haute-Bretagne. En Basse-Bretagne, une galette est une crêpe de froment presque aussi épaisse qu’un pancake : croustillante à l’extérieur et onctueuse à l’intérieur. Dans toute la Bretagne, les ingrédients pour les crêpes et les galettes sont identiques : de la farine, de l’eau et du sel.
Rondes et jaunes, galettes et crêpes ressemblent au disque solaire.
Plusieurs traditions y sont associées, comme celle de faire sauter la première crêpe de la main droite en tenant un louis d’or (ou une pièce) dans la main gauche. Certains, notamment dans le Sud-Ouest, placent même la première crêpe en haut d’une armoire pour assurer bonheur et prospérité au foyer toute l’année.
Si elles étaient au départ faites d’un mélange de farine et d’eau, les crêpes ont aujourd’hui bien des saveurs.
Pourquoi ? Pour éloigner la misère, il fallait faire sauter la première crêpe dans la poêle de la main droite, en tenant une pièce d’or dans sa main gauche, et ce, bien sûr, sans la faire tomber. Selon la coutume, il faut faire sauter la première crêpe de la main droite en tenant, dans la main gauche, un Louis d’or, ou une pièce d’or ou de monnaie. Cela assurerait la richesse et la prospérité dans la maison.
Lorsque ce défi était gagné, la pièce d’or était roulée avec la crêpe puis déposée au-dessus d’une armoire. Ce porte-bonheur patientait là jusqu’à l’année suivante, assurant à la maison prospérité, fertilité et des récoltes abondantes.
Pensez-y lorsque vous ferez vos crêpes party, le jour de la Chandeleur ! Pour varier les plaisirs, faites des crêpes sucrées, des crêpes salées, des pancakes, un gâteau de crêpes... Je vous invite à découvrir de nombreuses recettes gourmandes et originales, à déguster avec un verre de cidre, vous allez adorer, c’est sûr !
« La veille de la Chandeleur…L’hiver se passe ou prend rigueurSi tu sais bien tenir ta poêleÀ toi l’argent en quantitéMais gare à la mauvaise étoileSi tu mets ta crêpe à côté.
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