Turin, la magnifique capitale du Piémont, est célèbre pour ses cafés historiques qui racontent des histoires fascinantes et entourées de mystère. Ces établissements, souvent ornés de décors élégants et chargés d’histoire, sont bien plus que de simples lieux de rendez-vous.
Plongez dans l’univers fascinant des cafés historiques de Turin, où chaque tasse de café cache des récits empreints de mystère et d’élégance. Ces lieux emblématiques, qui ont vu passer des figures littéraires et artistiques célèbres, recèlent des secrets inavoués que seuls les plus passionnés savent apprécier. Au cœur de cette ville imprégnée d’histoire, chaque gorgée de bicerin ou de chocolat chaud peut révéler des anecdotes étonnantes et des traditions gustatives uniques.
Parmi les nombreux joyaux de Turin, le Caffè Baratti & Milano se distingue comme une institution incontournable. Fondée en 1858, Baratti&Milano est devenue la confiserie de référence dans la tradition turinoise et a été appréciée par de nombreux personnages célèbres de l'histoire de l'Italie, tels que Guido Gozzano et Pietro Mascagni. Un salon de thé au centre de Turin situé entre la piazza Castello et la piazza Carlo Alberto mérite un arrêt pour y déguster une pâtisserie ou juste boire un verre.
Baratti et Milano, du nom de ses fondateurs Ferdinando Baratti et Edoardo Milano, ressemble aux cafés viennois ; l’atmosphère surannée vous transporte vers d’autres époques. On se croirait au 19ème siècle tant le décor, fait de lustres et de drapés, correspond à la date de création de l’établissement en 1874. La clientèle turinoise vient y partager un moment entre amis devant un café tandis que les touristes de passage profitent du spectacle et de l’atmosphère.
Avec ses décorations somptueuses, il est devenu un lieu de prédilection pour les amateurs de café et de thé. Les murs de ces établissements ont souvent vu défiler des intellectuels, des écrivains et des artistes qui ont marqué l’histoire italienne. Les pâtisseries faites maison se dégustent le plus souvent devant un chocolat chaud, une des spécialités turinoises.
Prenez garde de ne pas essayer de venir en voiture trop près du café qui se situe en pleine zone ZTL interdite aux voitures des non résidents de l’ultra centre, au risque de prendre un pv. Une belle librairie et dépôt de presse se situe à quelques pas de là, en passant par le passage couvert « Galleria Subalpina ». Il s’agit de la librairie « Luxemburg » ; vous y trouverez l’essentiel de la presse locale et internationale, l’occasion de passer une paire d’heures à alterner lecture et observation de la vie du café qui change selon les heures de la journée.
Turin est la première ville productrice de chocolat dans la Botte. Elle occupe une place à part dans l’histoire des friandises, notamment grâce à la création, au XIXe siècle, du gianduja, ce chocolat aux noisettes mondialement réputé.
Emmanuel-Philibert de Savoie, qui, allié aux Espagnols, vient de remporter en 1559 un franc succès face au royaume de France, séjourne quelque temps à la cour d’Espagne. Il y découvre le cacao et le ramène à Turin, qui devient en 1563 la nouvelle capitale des États de Savoie à la place de Chambéry. Il est dit que le duc de Savoie décida de fêter son retour et ce transfert de capitale en offrant un verre de chocolat chaud à l’ensemble de la population !
A Turin, en 1678, la régente Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours autorise par décret la vente et l’exploitation de la boisson cacaotée. Chocolatier est dès lors une profession à part entière et reconnue : à partir de ce moment-là, Turin devient le plus grand centre de production de chocolat d’Europe et des centaines de kilos sont produits chaque jour dans la ville, dont une bonne partie est exportée vers la Suisse, l'Allemagne et la France.
Mais en 1806, Napoléon, qui occupe le Piémont, décide, pour tenter de ruiner le Royaume-Uni qui lui résiste effrontément, de l’empêcher de commercer avec le reste de l’Europe. Pendant cette longue période de blocus continental, il devient très difficile de se procurer du cacao. Les chocolatiers de Turin, pour compenser cette raréfaction, ont alors l’idée d’ajouter au cacao un ingrédient peu cher et abondant dans la région : la noisette des Langhe, de la variété Tonda gentile (en 1996, cette noisette exceptionnelle a obtenu la certification IGP - Indication géographique protégée).
C’est en 1865, à l’occasion du carnaval de Turin, que les deux chocolatiers décident de lancer sur le marché cette nouveauté révolutionnaire. Innovation supplémentaire, et géniale : un emballage individuel en papier doré, permettant de lancer ces petits chocolats à la foule depuis les chars qui défilent dans les rues ! C’est la première fois que le chocolat se trouve ainsi emballé en petites portions. Ces nouveaux chocolats ont la forme d’un bateau renversé ou, pour certains, d’un tricorne, le chapeau que porte justement le fameux personnage du carnaval turinois, Gianduja, qui distribue les chocolats à la noisette depuis le char de Caffarel. Les petits chocolats de Caffarel et Prochet prennent alors le nom de gianduiotti. Le succès est immédiat.
Gianduiotto, chocolat emblématique de Turin.
Parmi les trésors que l’on peut découvrir à Turin, le bicerin occupe une place de choix. Ce mélange chaud et réconfortant de café, de chocolat et de crème est né au Caffè Al Bicerin, fondé en 1763. Savourer cette boisson, c’est un peu plonger dans le passé, aux côtés de grands noms comme Alexandre Dumas et Umberto Eco qui ont fréquenté ces lieux.
Dans le Piémont, et surtout à Turin, on crée au XVIIIe siècle une nouvelle boisson, la bavaresia, servie dans un verre transparent qui permet de voir trois couches superposées : au fond du chocolat chaud, au milieu du café et sur le dessus de la crème de lait. L’idée est de ne pas mélanger ces trois couches afin de décomposer les trois saveurs. La dégustation permet d’apprécier d’abord la douceur du lait, puis l’amertume du café, et enfin le crémeux du chocolat. Cette boisson, datant de 1763, prendra en 1840 le nom de bicerin (qui signifie « petit verre ») servi dans le café du même nom, qui existe toujours à Turin, et dont le cadre n’a que peu changé.
Pour ceux qui préfèrent une douceur plus chocolatée, le gianduja, ce chocolat aux noisettes emblématique, est un incontournable à ne pas manquer.
Impossible aussi d’énumérer toutes les friandises fameuses du Piémont, outre les célébrissimes gianduiotti, à base de cacao, déployant tout l’art du chocolat : le bonét, un gâteau que l’on retrouve dans tout le Piémont, combinant amaretti, cacao et rhum ; l’alpino au cœur crémeux ; le boero avec sa coque de chocolat qui entoure une cerise à la liqueur ; le cremino, qui alterne des couches de gianduja et de chocolat ; les délicieux baci di dama (les baisers de dame) composés de deux coques à la noisette réunies par un chocolat crémeux ; les incontournables cuneesi al rhum faits d’un savant assemblage de chocolat, de meringue et de rhum que l’on trouvera chez son créateur Arione, un authentique temple des douceurs, à Cuneo ; sans oublier le Pinguino créé par le glacier Pepino en 1939, que nous appelons en France l’esquimau, première glace au monde à saisir à la main, qui tient sur un bâtonnet, aux divers parfums entourés d’une coque de chocolat, toujours fabriquée de manière artisanale selon la recette originale.
Il est impossible de citer tous les chocolatiers historiques, industriels ou artisanaux, qui œuvrent dans le Piémont depuis le XIXe siècle et perpétuent cette tradition chocolatière, mais en voici quelques-uns :
Depuis 2003, Turin organise tous les ans un rendez-vous incontournable, le CioccolaTò, hommage gargantuesque au chocolat avec des événements, des dégustations, des expositions et des spectacles. Tous les maîtres chocolatiers, entreprises industrielles et chocolateries artisanales, turinois, italiens et internationaux, présentent leur savoir-faire au public dans les rues de la capitale piémontaise.
Centre incontournable de la production et de la transformation du chocolat en Italie, possédant l’une des traditions chocolatières les plus fécondes du monde, où la fabrication artisanale ne s’est jamais arrêtée, il n’y a aucun doute : Turin est définitivement la capitale italienne du chocolat !
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