Depuis quelques années, l’alimentation est au centre de toutes les attentions, au point de tourner à l’obsession. Entre les « nutriscores », les applications pour scanner les produits et les informations qui circulent sur internet, il est parfois difficile de s’y retrouver. Mais que disent vraiment les recommandations officielles ?
Beaucoup d'idées reçues circulent autour de ce que l'on peut (ou non) manger ou boire quand on a un cancer. "Il faut éviter le sucre pendant les traitements", "Je ne peux pas prendre mes médicaments avec un verre de jus de pamplemousse", "Le soja est interdit aux femmes sous hormonothérapie".
Il est essentiel de comprendre les interactions entre l'alimentation et les traitements contre le cancer pour optimiser votre état nutritionnel et minimiser les risques. Cet article vise à démystifier certaines idées reçues et à fournir des recommandations basées sur des études et des avis d'experts.
Il est vrai que les tumeurs sont de grandes consommatrices de sucre car elles se divisent rapidement. Pour autant, aucune étude ne démontre que se priver de sucre permet de ralentir la progression de la maladie. Ce n’est pas le cas des cellules saines de notre organisme pour qui le sucre est essentiel au bon fonctionnement. Arrêter de consommer du sucre c’est donc prendre le risque d’affaiblir son corps, de perdre du poids et des muscles.
Vous pouvez manger ce que vous voulez à partir du moment où votre alimentation est variée, équilibrée et sans excès. C’est comme tout, il ne faut pas en abuser. Mais il ne faut pas pour autant le supprimer : nos cellules en ont besoin pour fonctionner et s’en priver risquerait de provoquer des carences délétères.
Il est recommandé de consommer en quantité limitée les sucres rapides (confitures, confiseries, pâtisseries, boissons sucrées…) mais aussi les féculents (pain, pâtes, riz, pomme de terre, polenta…). En effet, le sucre est la source d’énergie privilégiée des cellules tumorales.
Conclusion : Il ne faut pas "affamer" le cancer. Vous pouvez manger ce que vous voulez à partir du moment où votre alimentation est variée, équilibrée et sans excès.
Certains traitements, comme certaines hormonothérapies, certaines thérapies ciblées ou encore les chimiothérapies injectables à base de docétaxel, peuvent interagir avec le pamplemousse. Le pamplemousse bloque en effet des enzymes du foie impliquées dans leur élimination. Prudence donc. Le mieux est de demander à votre médecin ou votre pharmacien si votre traitement est concerné par cette interaction.
Attention : le pamplemousse, comme le millepertuis, interagit avec la quasi-totalité des médicaments...en fait, il "perturbe" un enzyme du foie (cytochrome) qui sert à métaboliser les médicaments (et pas que) ; donc, suivant les médicaments, soit il augmente leur concentration, donc aussi les effets secondaires, soit il diminue sa concentration, donc son efficacité...Il y a beaucoup d'autres substances, aliments, plantes ou autres médicaments qui interagissent de cette façon.
Donc toujours indiquer à l'oncologue ce que l'on prend et bien lire les notices. Le pamplemousse peut amplifier de façon significative les effets secondaires, il n'a pas d'action sur l'efficacité du traitement.
Conclusion : La consommation de pamplemousse, pomelo et oranges amères est fortement déconseillée. Le pamplemousse inhibe une enzyme (le cytochrome : CYP3A4) impliquée dans le métabolisme de nombreux médicaments (dont l’hormonothérapie et la chimiothérapie). Cela peut augmenter les effets secondaires et réduire l'efficacité des traitements. En revanche, les autres agrumes (citrons, mandarines, oranges douces) ne présentent aucun risque.
Le soja (tofu, édamame, …) contient des isoflavones qui miment les œstrogènes. Sachez que, contrairement aux idées reçues, la sauce soja et les pousses de soja (qui sont en réalité des pousses d’haricots mungo) ne contiennent pas d’isoflavones, vous pouvez donc en manger sans risque. Idem pour les aliments comprenant de la lécithine de soja.
Conclusion : Concernant le soja, il ne semblerait pas être contre-indiqué lorsqu’il est consommé dans l’alimentation sous forme de haricot, yaourt, tofu, lait, … à condition de ne pas dépasser 2 produits par jour.
Les aliments contenant des phyto-œstrogènes (les dérivés de soja type tofu, steak végétal, miso, edamame, tempeh, lait de soja, et surtout les compléments alimentaires à base de soja) doivent être consommés de manière modérée (une portion par jour, soit environ 50 mg d’isoflavones). Les phyto-œstrogènes ayant une structure chimique proche de celle des œstrogènes, ils risquent d’interagir avec les récepteurs hormonaux. En revanche, les pousses de haricot mungo (appelés à tort « pousses de soja »), la sauce soja, l’huile de soja, la lécithine de soja et les produits contenant des traces de soja ne présentent aucun risque.
Il est important de noter que les études sur le soja se contredisent et qu'il existe des études plus récentes en faveur du soja, avec un nouveau regard sur les phyto-œstrogènes. Ces études portent sur des femmes et non sur des souris bourrées d'isoflavones, ce qui change la donne. Il est donc recommandé d'adopter une consommation modérée et non concentrée de soja.
En faisant des recherche sur les phyto-oestrogènes, j'ai appris qu'il en existaient plusieurs "sortes". Le soja n'est pas le seul à contenir des isoflavones, le pois chiches aussi et d'autres comme la luzerne, font partie du même groupe d'isoflavonoïdes contiennent des coumestanes (luzerne, trèfle, choux de Bruxelles, haricots, pois).
Tableau récapitulatif des aliments contenant des phyto-œstrogènes :
| Aliment | Type de phyto-œstrogène |
|---|---|
| Soja (tofu, édamame, lait de soja) | Isoflavones |
| Pois chiches | Isoflavones |
| Luzerne | Coumestanes |
| Trèfle | Coumestanes |
| Choux de Bruxelles | Coumestanes |
| Haricots | Coumestanes |
| Pois | Coumestanes |
Il faut éviter le sucre pendant les traitements. Je ne peux pas prendre mes médicaments avec un verre de jus de pamplemousse. Le soja est interdit aux femmes sous hormonothérapie.
En revanche, attention aux compléments alimentaires : ils contiennent des doses élevées de curcuma qui peuvent provoquer des toxicités au niveau du foie. La phytothérapie, quoique naturelle, n’est pas toujours sans risque. Il existe souvent des interactions plus ou moins délétères avec les traitements spécifiques du cancer. Le soja, par exemple, utilisé pour lutter contre les bouffées de chaleur et l’ostéoporose, réduit l’action du tamoxifène et des anti-aromatases.
Il est important d’en informer son équipe médicale, s'il y a des thérapies complémentaires. Cela permet de vérifier qu’elles ne risquent pas d’interagir avec votre cancer ou avec le traitement anticancéreux reçu. Ces thérapies complémentaires peuvent prendre différentes formes, par exemple : les compléments alimentaires, la phytothérapie, l’homéopathie, les plantes ou infusions. Même si le complément est indiqué comme « naturel » cela ne signifie pas « sans danger » : certaines plantes ou compléments (par exemple s’il contient des phyto-œstrogènes) peuvent être aussi puissants qu’un médicament et entraîner des interactions.
Une revue des traitements avec le pharmacien et/ou le médecin est recommandée pour s’assurer de prendre les médicaments en toute sécurité.
Le thé (quel que soit le type : vert, noir…) et le rooibos contiennent des tanins qui forment une barrière au niveau de l’intestin et diminuent l’absorption des traitements pris par voie orale, quels qu’ils soient. Les tisanes et infusions, elles, contiennent rarement des tanins. En revanche, elles peuvent présenter un risque si la plante à partir de laquelle elles sont faites interagit avec les traitements. C’est notamment le cas du millepertuis qui diminue leur concentration dans le sang et, de ce fait, leur efficacité.
Et le café ? Il contient très peu de tanins, donc aucun problème de ce côté là.
Certains traitements, comme le tamoxifène ou la radiothérapie, détruisent les cellules tumorales en produisant des radicaux libres. Or, les vitamines et certains oligoéléments (zinc, cuivre) protègent les cellules de ce “stress oxydatif” grâce à leur propriétés anti-oxydantes. Par ailleurs, si vous avez une alimentation équilibrée, vos apports en vitamines et en oligoélements sont probablement suffisants. Pour vous en assurer, demandez à votre médecin de vous prescrire un bilan sanguin.
Mangez équilibré pour rester en bonne santé ! On nous enjoint de manger varié et équilibré. Il est recommandé d’en manger 2 fois par semaine dont un poisson gras (sardines, maquereau, hareng, saumon) car ces derniers sont riches en oméga-3. Concernant la viande, on privilégie la volaille et on limite les viandes rouges (porc, boeuf, veau, agneau…) à 500 g par semaine. Pâte, riz, pommes de terre, semoule, pain… Il en faut à chaque repas. Concernant la quantité : à vous de voir. Cela dépend des besoins de chacun. Lentilles, pois, fèves, haricots, pois chiches… Aussi appelés légumes secs, ils peuvent remplacer les féculents. Que ce soit sous la forme de yaourt, fromage blanc ou fromage, il est recommandé d’en manger 2 parts (soit 2 fois 30 g) par jour pour couvrir les besoins en calcium. Ils sont très importants pendant la ménopause ou en cas de traitement par hormonothérapie pour prévenir la perte osseuse. On évitera toutefois les double ou triple crèmes, comme la mascarpone, très riches en graisse. À noter que la crème fraiche et le beurre, même s’ils sont issus du lait, ne sont pas considérés comme des produits laitiers en raison de leur richesse en graisses. On préférera l’huile d’olive, de noix ou de colza, riches en acides gras essentiels (c’est-à-dire en acides gras que notre corps n’est pas capable de produire lui-même et qu’il faut lui apporter via l’alimentation).
On veillera toutefois à ne pas abuser des fruits, riches en fructose donc en sucre.
Conclusion : Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et une surveillance du poids sont recommandées pendant l'hormonothérapie.
En cas de prise de poids pendant le traitement, n’hésitez pas à vous faire accompagner par une diététicienne spécifiquement formée à l’oncologie.
Il est recommandé d’avoir :
Pour en savoir plus sur la nutrition, le Réseau NACRe (Nutrition Activité physique Cancer Recherche) et l’Institut National du Cancer proposent plusieurs ressources gratuites sur leurs sites web.
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