La cigogne est un oiseau migrateur emblématique. En Europe, c’est la cigogne blanche qui est la plus connue. L’autre cigogne que l’on peut observer en France est la cigogne noire (Ciconia nigra). La grande famille des cigognes comprend en tout 19 espèces parmi lesquelles le marabout africain.
La Cigogne noire (Ciconia nigra) est légèrement plus petite que la Cigogne blanche (C. ciconia), avec une longueur de 95 à 100 cm pour une envergure de 145 à 155 cm. Son plumage est presque totalement noir, avec des reflets verts et violet, les plumes de son ventre, du bas de sa poitrine ses axillaires et de ses sous-caudales étant blanches. Son bec, ses pattes et la zone de peau nue autour de yeux sont rouges. Le mâle est légèrement plus grand que la femelle.
En Alsace, l’espèce de cigogne la plus connue est la cigogne blanche dont le plumage est blanc à l’exception du bout des ailes qui est noir. Il existe une autre espèce de cigogne beaucoup plus discrète : la cigogne noire dont le plumage est noir à l’exception du ventre qui est blanc.
La Cigogne noire, Ciconia nigra, aime les marais, les prairies humides et les roselières. Elle se reproduit à basse ou à moyenne altitude, dans des forêts dotées de grands arbres, où elle niche, et abritant des cours d'eau, des eaux dormantes, des marais.
Elle vit dans les forêts à proximité des zones humides (ruisseaux, prairies inondées et cours d’eau). Son nid, qui est fait de branchages, est construit dans un arbre, ou sur un escarpement rocheux, souvent à proximité d’un plan ou d’un cours d’eau (lire Pillage en direct d’un nid de Cigognes noires par une Martre des pins). Son nid est énorme et bien défendu, construit en pleine forêt dans un gros arbre.
En Côte d'Or, la Cigogne noire fréquente des forêts de feuillus (où elle construit son nid) et des zones humides (où elle s'alimente). Les 21 nids qui ont été observés et suivis depuis 1992 dans le département étaient tous situés en pleine forêt.
La Cigogne noire est une espèce migratrice transsaharienne présente dans l’Est de la France de fin février à septembre. Elle fréquente les forêts profondes et vit loin des villages et des hommes, contrairement à sa cousine la cigogne blanche. Extrêmement farouche, sa distance de fuite est estimée à plus de 300 mètres.
Après un séjour automnal et hivernal en Mauritanie, Divona, la cigogne noire emblématique du parc national de forêts, a réussi une nouvelle fois sa migration et a rejoint le territoire du Parc national. La Cigogne noire hiverne en Afrique Centrale.
Cette cigogne est principalement piscivore. La Cigogne noire se nourrit très majoritairement de proies aquatiques (poissons, crustacés, insectes ou encore amphibiens) qu'elle capture dans les ruisseaux peu profonds qu’elle arpente avec discrétion. Elle fréquente les rivières, les lacs et les marécages. Cette espèce s'est spécialisée dans la capture de proies aquatiques. Elle plonge rapidement le bec dans l’eau pour capturer ses proies. En dehors des poissons, la cigogne noire consomme des crustacés, comme les crabes ou les écrevisses.
Sur le territoire du Parc national, la Cigogne privilégie les cours d’eau pour l’alimentation des jeunes (à priori, le chabot qui est le « mets » le plus utilisé pour les nourrir), ainsi que les prairies humides. Elle ne niche pas en Alsace, mais on en trouve quelques unes dans d’autres régions comme la Lorraine et des pays comme la Pologne.
Il est possible d’observer la cigogne noire traverser l’Alsace en période de migration. Certaines font des haltes au bord des petits cours d’eau, des rivières, dans les zones marécageuses. Elle s’y nourrit surtout de petits poissons, grenouilles et tritons.
La cigogne blanche (Ciconia ciconia) cherche des sources de protéines pour maintenir un niveau d’énergie constant. Elle se nourrit principalement de petits vertébrés (micro-mammifères rongeurs et amphibiens) et d’insectes, en particulier les coléoptères et les orthoptères. La cigogne blanche consomme également des mollusques comme les limaces et les escargots. Elle affectionne les lombrics (vers de terre). S’ils sont abondants, ils peuvent constituer 90 % de son alimentation. Ces proies de petite taille sont faciles à capturer et à consommer, même pour les jeunes cigognes.
Les reptiles, tels que les lézards et les serpents, sont également au menu des cigognes blanches, bien qu’ils représentent une proportion moins importante de leur alimentation. Ces proies sont généralement capturées dans les prairies ouvertes ou les zones semi-désertiques. La cigogne les repère aisément par leurs mouvements depuis le ciel.
Lorsque les proies habituelles manquent, les cigognes blanches savent faire des écarts. Elles n’hésitent pas à diversifier leur alimentation et se tournent alors vers la consommation d’œufs d’autres oiseaux, de poussins, voire même de charognes. Lorsqu’elles migrent et traversent des zones urbaines, certaines cigognes blanches fréquentent aussi les décharges publiques à la recherche de restes de nourriture.
La cigogne blanche est armée d'un long bec dont elle se sert tantôt comme une pincette pour attraper les petites proies, tantôt comme un poignard pour tuer des proies plus grosses. Sa nourriture est extrêmement variée : elle consomme beaucoup d'insectes comme des criquets et des sauterelles ainsi que d'autres petits animaux comme des araignées, des vers de terre, des limaces etc. Elle recherche également les petits mammifères comme les campagnols, les mulots et même les taupes, ou encore des reptiles ou des batraciens comme les orvets, les grenouilles.
La recherche de nourriture devient plus facile pour elle à l’époque des foins. Des centaines de petits animaux, pris de panique lorsque les machines agricoles coupent l’herbe qui leur servait de refuge, tentent de s'enfuir. Ils se retrouvent alors dans les becs des cigognes à l'affût.
Les cigognes sont malheureusement attirées par les décharges (tas d’ordures) où elles trouvent une nourriture facilement accessible, mais de qualité douteuse : certaines d’entre elles meurent en avalant des déchets, comme du plastique, ou en consommant de la nourriture polluée. La cigogne blanche fait des haltes dans des zones humides ou des steppes herbeuses où elle se repose.
La cigogne blanche chasse principalement dans les hautes herbes des savanes. Les criquets peuvent y être très nombreux, de même que d’autres petits animaux (lézards, petits serpents…), elle en profite pour se gaver, accompagnée d'autres espèces de cigognes et de toutes sortes d'autres oiseaux. Les feux de brousse sont également une bonne occasion de se nourrir sans trop d'effort.
La nourriture avalée par la cigogne s'accumule dans une poche située dans sa gorge. Les sucs digestifs, sorte de salive, arrivent à faire "fondre" une partie de cette nourriture comme par exemple la chair. La nourriture « fondue » continue son chemin dans le tube digestif, passe par l'estomac, les intestins et finit sous la forme d'une fiente (nom donné à la crotte liquide des oiseaux). On retrouve souvent ces fientes blanches sur les toits des bâtiments fréquentés par les cigognes.
Certaines parties comme les poils et les plumes résistent au suc digestif. L'oiseau ne peut rien en faire. Il ne lui reste plus qu'à régurgiter (c'est à dire "recracher par le bec") toutes ce parties indigestes sous la forme d'une boulette appelée pelote de réjection. On y trouvera des carapaces d'insectes, des poils, des plumes, de petits os, des petits cailloux qui servent à broyer la nourriture (comme le font les poules), des fibres végétales.
Ces pelotes sont très intéressantes, elles permettent d'étudier l'alimentation des cigognes. Les parents régurgitent (ou recrachent) de la nourriture non digérée au milieu du nid. Les petits n'ont plus qu'à se servir. Pour leur donner à boire, les parents prennent de l'eau dans leur gorge et la font couler dans le bec des petits.
Oiseau emblématique de la biodiversité, la Cigogne noire fait l'objet d’actions nationales de sauvegarde. Cependant, après avoir disparu au XIXème siècle, la cigogne noire a fait progressivement son retour dans le périmètre du Parc national de forêts depuis les années 1990. Afin d’augmenter les chances de reproduction, des moyens sont mis en œuvre pour ne pas déranger les oiseaux et pour protéger les sites de nidification.
Rare, sensible et discrète, la cigogne noire s’installe progressivement dans les Vosges du nord. Le Parc en partenariat avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et l’Office National des Forêts (ONF) s’implique dans le suivi de ses populations. Un regard particulier est porté sur ses zones d’alimentation, en lien avec les travaux menés pour améliorer la qualité des cours d’eau.
La cigogne noire dépend également de la présence de zones humides et se nourrit essentiellement dans les petits ruisseaux forestiers où elle pêche : chabots, truites, lamproies ou écrevisses en fouillant parmi les cailloux, les embâcles et les sous-berges. C’est pourquoi, il y a très peu de communication sur la découverte de nouveaux nids qui sont des données dites « sensibles ».
Pour mieux évaluer la présence de la cigogne noire dans les Vosges du Nord, 7 ruisseaux ont été équipés de pièges photographiques sur l’ensemble du territoire. Ces dispositifs ont permis d’identifier des sites très favorables à l’espèce et ainsi faciliter la mise en œuvre d’une opération de capture d’un individu adulte.
En 2022, une nouvelle opération de capture a été organisée en collaboration avec l’OFB, l’ONF, la LPO France, la LPO Alsace et l’ACETAM résultant au bagage et à la pose d’une balise GPS-GSM sur un individu adulte de Cigogne noire, baptisé FOREST par les élève des écoles de La Petite-Pierre et d’Eschbourg.
Cette espèce, inscrite « en danger » sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France, est une espèce extrêmement sensible au dérangement en particulier au début de la période de reproduction.
Il a été évalué que l’espèce utilisait plus de 500 kilomètres de cours d’eau dans le département, dont 150 de manière très régulière. Sur les 122 poussins bagués au nid depuis 1992 en Côte-d’Or, un seul a été observé en nidification dans le département; parmi les autres, un a niché dans le Jura et un autre en Allemagne (Rhénanie Palatinat).
| Année | Nombre de nids occupés |
|---|---|
| Maximum observé (2011, 2012, 2013) | 4 |
| Total des nichées baguées | 32 |
tags: #alimentation #cigogne #noire
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