Troisième puissance économique du continent africain en 2023, l’Algérie enregistre une forte croissance de son PIB entre 2021 et 2023, avec des taux de croissance annuel proches des 4,2%. Cependant, cette situation ne suffit pas pour se faire une réelle image de la situation économique du pays.
Avec une croissance basée en grande partie sur l’exploitation des hydrocarbures de son sous-sol depuis des décennies, l’Algérie peine à diversifier son économie, c’est-à-dire à réinvestir l’argent de la manne pétrolière et gazière dans d’autres secteurs. Alors que les pays du golfe ont réussi à diversifier leur économie des hydrocarbures, l’Algérie doit gérer une population bien plus importante que les Émirats arabes unis ou le Qatar.
En revanche, contrairement aux pays du golfe, l’Algérie a une population jeune et active. Alors que l’âge médian était de 27,6 ans en Algérie en 2020, il était de plus de 32 ans au Qatar et aux Émirats arabes unis la même année, obligeant ces pays à beaucoup avoir recours à l’immigration pour développer leur économie, tandis que l’Algérie bénéficie d’une main d’œuvre plus importante. Les débouchés professionnels pour les jeunes actifs sont pourtant difficiles en Algérie, où plus de 30% des jeunes sont en recherche d’emploi en 2023.
Coupée du gaz russe, l’Europe se tourne vers de nouveaux producteurs. Les États-Unis, le Qatar et l’Algérie deviennent alors les premiers fournisseurs de gaz naturel liquéfié (GNL) pour les marchés européens. Entre 2020 et 2022, la valeur des exportations de GNL algérien a presque triplé, de même pour les exportations de pétrole, faisant de l’Algérie le septième exportateur mondial de gaz naturel en 2022. Ce repositionnement stratégique des marchés importateurs d’hydrocarbures est une réelle manne financière pour l’Algérie. Entre 2019 et 2022, la contribution du gaz et du pétrole à son PIB a augmenté de plus de 250%.
Cependant, les aléas du prix du pétrole rendent l’économie algérienne très instable. En avril 2020, au pic des restrictions de déplacement, le prix moyen du baril de Brent (pétrole) s’élevait à 18,5 dollars, alors qu’en mars 2022, juste après l’invasion de la Russie sur le territoire ukrainien, le baril coutait 117,2 dollars. Cette volatilité des prix influe sur la balance commerciale du pays et son économie. Après des années difficiles pour les exportations algériennes, la reprise économique post covid et l’envolée des prix du pétrole et du gaz ont permis au pays de voir la valeur de ses exportations tripler entre 2020 et 2022. Sur la seconde moitié des années 2010, l’Algérie affichait une balance commerciale largement négative, mais en 2022, la tendance s’est fortement inversée avec un surplus du commerce extérieur estimé à 22 milliards de dollars.
Très peu de produits manufacturés sont exportés depuis l’Algérie. En 2022, les produits transformés représentaient seulement un dixième des exportations d’hydrocarbures du pays. Cette faible industrialisation oblige l’Algérie à importer pour près de 25 milliards de dollars de produits manufacturés. Ainsi, la place de la Chine dans ses relations commerciales extérieures est prépondérante. En 2022, 18% des importations algériennes provenaient de Chine. Mais cette relation commerciale avec le géant chinois est déséquilibrée puisque la Chine ne fait pas partie des principaux partenaires à l’exportation de l’Algérie. Le territoire est également placé en forte tension alimentaire. En effet, les importations alimentaires du pays étaient quinze fois plus importantes que les exportations.
Dans la région d’El Oued, de grandes exploitations agricoles ont vu le jour au cœur du Sahara algérien. Ici, ce sont plusieurs milliers d’hectares de plantations de pommes de terre, d'oignons ou de tomates qui sont semés toute l’année. Cette production toutes saisons a pour but à la fois de fournir la consommation intérieure mais aussi d’exporter vers d’autres territoires, dont l’Union européenne.
Mais c’est avant tout dans le secteur touristique que l’Algérie souhaite rattraper ses voisins d’Afrique du Nord. Le Premier ministre algérien en poste en 2023, Aïmene Benabderrahmane, a appelé à développer le tourisme en Algérie afin de diversifier l’économie. Contrairement au Maroc et à la Tunisie, la part du tourisme dans le PIB algérien était l’une des plus faible du monde en 2019. Au total, ce sont près de 2,6 millions de touristes qui se sont rendus en Algérie en 2019, contre 13 et 9 millions pour le Maroc et la Tunisie. Cette différence s’explique par les années d’instabilité politique et le manque d’infrastructures touristiques.
Afin de développer ces projets d’envergure, l’Algérie compte entre autres sur sa diaspora ou les descendants d’émigrés algériens. Plusieurs institutions, comme le Conseil Mondial de la Diaspora Algérienne, le conseil du renouveau économique algérien ou des associations comme Djazpora, incitent les Algériens de l’étranger à investir dans le pays. Dans cet appel à investissement, la France joue un rôle important puisqu’elle accueille plus de 850.000 Algériens.
L’industrie, née de la Révolution industrielle, est essentielle pour la croissance économique et l’innovation. Elle crée des emplois, stimule la production de masse et renforce l’autosuffisance nationale. Cependant, elle pose des défis environnementaux. La génération actuelle bénéficie de ses avancées technologiques, mais doit aussi promouvoir une industrie durable. L’industrie offre des opportunités de carrière variées et encourage l’éducation continue, tout en nécessitant des infrastructures solides pour soutenir son développement.
L’industrie agroalimentaire algérienne représente 40 % du PIB algérien, avec une croissance remarquable de 15,1 % en 2021. Ce secteur dynamique compte 23 000 entreprises, dont 600 entreprises publiques, et génère une production agricole atteignant un chiffre d’affaires de 24,576 milliards d’euros, couvrant 90 % des besoins nationaux.
Avec 175 unités de production et 60 nouvelles usines lancées en 2022, l’Algérie se positionne comme le 2e producteur de médicaments en Afrique, après l’Afrique du Sud. Le secteur enregistre un chiffre d’affaires d’environ 2,4 milliards d’euros, avec une couverture de 75 % des besoins nationaux en médicaments.
Plasturgie : En 2021, 600 millions d’euros ont été alloués à une usine d’emballage plastique et 7,5 millions d’euros au recyclage.
L’industrie algérienne n’est pas seulement une promesse, elle est une réalité en marche, une force qui dessine l’avenir de la nation. L’engagement est clair : renforcer ces secteurs, encourager l’innovation, créer des emplois et garantir que chaque Algérien profite de cette prospérité.
En 2023, selon TradeMap, les échanges commerciaux de l'Algérie ont enregistré une contraction de 3,58 %, totalisant 98,6 Mds USD, après une croissance de 37,2 % en 2022. Les exportations algériennes ont atteint 57,1 Mds USD en 2023, enregistrant une baisse de 13,7 % par rapport à l'année précédente.
Cette diminution est principalement due à la baisse des exportations de combustibles minéraux en valeur, qui ont reculé de 12,09 % pour s'établir à 52 Mds US. Ces produits qui dominent les exportations algériennes (91 % du total) ont subi la baisse des prix moyens des hydrocarbures, le Sahara Blend chutant de 104,1 USD à 83,7 USD le baril.
D'autres produits d’exportation ont également diminué : les engrais ont chuté de 41,64 % à 1,4 Md USD, et les produits chimiques inorganiques ont diminué de 45,74 % à 874,7 M USD. Toutefois, certains secteurs ont enregistré des hausses, comme les produits sidérurgiques (+5,70 %, à 1,1 Md USD) et le sucre (+25,89 %, à 201,6 M USD).
Les importations de l'Algérie ont, quant à elles, progressé de 15,14 %, atteignant 41,5 Mds USD. Cette augmentation est en partie due à la hausse des achats de véhicules (+98,59 %, à 3,5 Mds USD) et des machines et équipements mécaniques (+45,52 %, à 5,6 Mds USD). En revanche, certains produits stratégiques ont vu une diminution de leurs importations, comme les céréales (-19,43 %, à 3,1 Mds USD) et les produits laitiers (-21,16 %, à 1,4 Md USD).
Concernant les partenariats commerciaux, la structure des échanges reste relativement stable. La Chine demeure le principal fournisseur de l'Algérie, avec une part de marché de 22,9 %, suivie de la France (11,7 %) et de l'Italie (7,4 %).
Pour les neuf premiers mois de 2024, les données préliminaires de l'Office national des statistiques (ONS) révèlent une tendance similaire à l’année 2023. Les exportations se sont élevées à 4 960,5 Mds DZD (35,2 Mds EUR), en baisse de 11,2 % par rapport aux neuf premiers mois de 2023. Les importations, quant à elles, ont augmenté de 7,9 % pour atteindre 4 628,8 Mds DZD (32,9 Mds EUR).
L'industrie agroalimentaire a incité tous les pays du monde à prêter attention à ce secteur pour plusieurs raisons, notamment le développement rapide et l’évolution de la technologie moderne dans divers aspects de la vie, l'augmentation de la population et l'émergence de problèmes alimentaires.
L’industrie agroalimentaire a enregistré une amélioration remarquable ces dernières années en Algérie, ce secteur prend une place importante dans l’économie nationale, car il emploie 1,6 million de personnes, soit 16% de la population active, et contribue au taux de 47,68% à la production brut et 38,4% à la valeur ajoutée. Il contribue également à 28% du chiffre d’affaires des industries algériennes hors hydrocarbures réalisés au cours de l’année2018. Ce qui fait de l’industrie agroalimentaire de l’Algérie, la deuxième industrie du pays après celle de l’énergie, et l’un des vecteurs de la croissance économie du pays.
En outre, cette industrie occupe une place importante dans le commerce extérieur, les importations agroalimentaires ayant connu une baisse suite à la mise en œuvre de politiques visant à réduire les importations de certains produits, et l’encouragement de la consommation du produit national, mais l’Algérie à ce jour reste le premier importateur africain des denrées alimentaires, avec 75% de ses besoins assurés par les importations.
Par ailleurs, les exportations agroalimentaires souffrent toujours d’insuffisance d’offre de produits haut de gamme, et d’une concurrence étrangère qui frappe de pleines fouées le marché international et local car les produits de nos entreprises n’arrivent pas à faire face en raison du manque de compétitivité en matière de prix/qualité, de moyens et de capacité de production et d’innovation.
Afin d'assurer la sécurité alimentaire, l’Algérie a développé plusieurs stratégies pour améliorer les secteurs industriels, y compris le secteur agroalimentaire. Elle a adopté une stratégie qui vise à stimuler la production nationale, à améliorer la compétitivité de secteur agroalimentaire et à développer ses exportations.
| Indicateur | Valeur | Année |
|---|---|---|
| Croissance du PIB | 4,2% | 2021-2023 |
| Âge médian de la population | 27,6 ans | 2020 |
| Contribution de l'industrie agroalimentaire au PIB | 40% | - |
| Croissance de l'industrie agroalimentaire | 15,1% | 2021 |
| Nombre d'entreprises dans l'agroalimentaire | 23 000 | - |
| Chiffre d'affaires de la production agricole | 24,576 milliards d'euros | - |
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